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Hogg Traduit de l’anglais (États-Unis) par Norbert Naigeon Achevé en 1973, Hogg mit plus de vingt ans à trouver un éditeur et fut, selon Maurice Girodias « le seul livre que, de toute ma carrière, j’ai refusé uniquement à cause de son contenu sexuel ». En effet, ce roman met en scène les aventures d’un jeune narrateur, avatar contemporain d’Huckleberry Finn, exposé à la violence libidineuse de Hogg, goinfre grotesque,
personnage monstrueux, ogre répugnant, violeur et meurtrier. Samuel R. Delany décrit l’errance dégénérée d’une bande de mercenaires menée par Hogg et payée pour terroriser les femmes ; l’enlèvement du petit narrateur ; le basculement dans la folie meurtrière d’un autre protagoniste. Cette épopée régressive et primitive – véritable retour du refoulé – permet d’examiner la
violence et la sexualité dans ce qu’elles ont de plus archaïque. La plongée dans l’Amérique profonde, celle du Sud, dévoile les pires travers d’une société
caricaturale et stigmatisée : raciste, sexiste, incestueuse, miséreuse, illettrée. Hogg, de Samuel R. Delany, est un livre à prendre indiscutablement au sérieux, et dont les qualités littéraires sont remarquables. Hogg brille comme une pierre précieuse dans la boue tiédasse de notre postmodernité. C’est la mise à l’épreuve systématique d’une seule hypothèse. Il s’agit de savoir jusqu’à quel point le désir peut envahir la conscience avant que celle-ci cesse d’être considérée comme humaine. |
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