Au fait
Dazed and confused
La couverture, simple et élégante, le titre du livre, inoffensif, ne donnent pas idée du contenu. « Peter Sotos Pornography » écrit en grosses lettres noires sur la quatrième n’indique rien de plus pour un lecteur non averti. C’est son 6ème livre et le style sans compromission est celui que Sotos utilise depuis tant d’années. Au milieu des années 80, Sotos publiait un petit magazine underground du nom de Pure qui lui a valu de gros problèmes avec les autorités.
Les années passant, ses textes ne sont pas devenus plus consensuels. Les livres de Sotos sont des cauchemars… ou le rêve-devenu-réalité pour ceux qui essaient de nous convaincre que la pornographie est dégradante, dangereuse et nocive. Ses fantasmes sont extrêmement pervers. Ils ne semblent pas s’appliquer à un âge ou un sexe précis. Hommes, garçons, femmes, filles… tout et tous intéressent le style labellisé Sotos. Au fait est plein de situations monstrueuses entremêlées de citations tirées de livres ou de magazines.
Les scènes que nous propose Sotos n’ont rien à voir avec la beauté, ou peut-être seulement la pureté ultime du sévice. Les passages homos sont pleins d’infection, d’ordure, d’humiliation. Sotos n’a pas peur de montrer ses obsessions et exploite la souffrance et des misères de Matthew Shepard – célèbre victime homo.
Les femmes sont décrites comme des putains, alcooliques, junkies,… les vergetures ont recouvert ces vieilles bêtes. Les scènes que Sotos créé décrivent le plus souvent des hommes répugnants et des enfants (des deux sexes, garçons et filles). Les femmes sont généralement tombées plus bas que tout. Peut-être l’égoïste se désintéresse-t-il du sentiment de l’autre, peut-être cherche-il seulement la satisfaction personnelle ? Mais dans ces scènes, la satisfaction personnelle semble naître de la focalisation sur les victimes et leurs sentiments. Vous ne trouverez pas ce que l’on appelle de rapports humains sains. Pas même de relation consentie comme le bondage ou le SM, seulement des sévices.
La plupart des personnages des livres de Sotos ne sont pas très importants. Le plus souvent on ne connaît de l’individu que le plaisir rapide. D’un autre côté, tandis que tant d’auteurs soulignent que leurs livres sont de la pure fiction et n’ont aucun rapport avec des personnes vivantes ou ayant existé, Sotos maltraite la réalité de la même manière que la fiction. Jon Benet Ramsey, Matthew Shepard, séropositifs et stars du porno suicidés, victimes de viol…. Il n’utilise pas les êtres humains comme de simples « objets », nibards et cul, il les envisage personnellement et pointe les sévices et les sentiments de la victime.
Sotos commente la pornographie et déterre des vieux numéros très crades, ceux qui y ont participé auraient préféré qu’ils restent dans l’oubli.
Au début, la lecture du livre a été difficile. Mais plus j’ai lu, plus le livre m’a captivé. Les meilleurs moments se trouvent au milieu du livre. Certains considèrent que le style atypique de Sotos est dû à son talent ou à son manque de talent. On l’a glorifié comme le Plus Grand Écrivain Vivant mais il est aussi détesté par de nombreuses personnes. Quoi qu’il en soit tous ses livres sont uniques, et valent bien leur prix. Je félicite Creation Books de défendre des textes aussi extraordinaires, auxquels la plupart des éditeurs ne toucheraient pour rien au monde.